L’insoutenable légèreté du haïku coaching…

Les bénéfices du haïku coaching vus par Olivier Bouleau, l’un des pionniers à suivre la formation au haïku comme outil de coaching ; je l’ai interviewé pour savoir pourquoi il avait adopté aussi volontiers cet outil dans sa pratique de coach et de team builder et comment il croisait avec ses autres cadres de référence, en particulier sa pratique de la pleine conscience, de l’hypnose et autre….

les bénéfices du haïku coaching

              Olivier Bouleau

L’insoutenable légèreté du haïku

Danielle : Avec le recul d’une année de pratique du haïku dans ton métier de coach et de team builder, qu’est-ce que tu dirais du pouvoir de cet outil ?

Olivier : ce qui me vient en premier, c’est un changement de regard et de perspective. J’ai tout de suite expérimenté, dès le début de ta formation, le pouvoir du haïku : prendre plus de temps pour regarder une situation, et surtout la regarder de façon différente, presque ludique. Ecrire un haïku sur une situation me permettait de passer à une posture de légèreté pour regarder la problématique. Et cette légèreté m’ouvrait à la créativité.

Danielle : tu veux dire que la formation a déjà changé quelque chose pour toi, avant même de l’utiliser dans ta pratique de coach ?

Olivier : oui, d’ailleurs quand je me suis inscrit à la formation, je pensais que j’y trouverai un outil supplémentaire, mais un outil pour moi. Je ne pensais pas pouvoir l’utiliser avec mes clients ; je ne voyais pas trop comment l’utiliser, d’ailleurs.

Danielle : un outil pour toi ? Quel a été le fruit de la formation ?

Olivier : je dirais que cette formation a changé quelque chose en créant du sens très rapidement à l’intérieur de mon projet professionnel.

Danielle : tu dirais que cela a métamorphosé quelque chose dans ton identité professionnelle ?

Olivier : c’est cela, avant même d’utiliser le haïku au service de mes clients, cette formation a été source d’unité et de cohérence interne.

Les bénéfices du haïku coaching : la pleine conscience

Danielle : et aujourd’hui, utilises-tu le haïku dans ta pratique de coach ? Et si oui, dans quel contexte ?

Olivier : oui, je l’utilise beaucoup, en particulier ; et je l’utilise à chaque fois que je sens que le client bute sur une situation et qu’il a du mal à se projeter. Parfois, je vais même plus loin : je fais écrire au client ses haïku-projet et, ensuite, je lui demande de choisir une forme pour mettre ses haïku en lien les uns avec les autres.

Souvent, d’ailleurs, je couple avec la pleine conscience en disant au client : « Vous allez prendre un moment avec vous. » Je lui lis quelques exemples d’haïku que j’ai écrit sur des situations managériales….Puis je lui fais écrire un haïku sur la situation qu’il m’amène, en la plaçant en face d’eux. C’est une bonne manière, pour eux, de se connecter ou de se reconnecter avec eux-mêmes ; et pour moi, de voir ce qu’il en sort.

Danielle : et que ce passe-t-il, alors, pour eux ?

Olivier : souvent, c’est une vraie surprise ; ils disent : « je ne voyais pas la situation comme cela ? » Je m’aperçois qu’écrire un haïku sur une situation leur a permis de changer de lunettes ; ils voient alors la situation sous un angle différent.

Danielle : quoi d’autre ?

Olivier : Je vois que cela les apaise. Certains de mes clients ont un verbal très fort, presque violent. Quand ils ont écrit leur haïku, ils s’apaisent car cela leur a permis de se poser ; c’est, je pense, la vertu de la poésie qui autorise un lâcher prise. Je dirai que le haïku introduit une forme de lâcher prise ; et c’est là où il y a un lien avec la pleine conscience. C’est vraiment le mot « légèreté » qui me revient ; ça allège les ressentis.

Danielle : oui, je dirai même que le haïku affine les ressentis ; il les rend plus subtils, plus incisifs. Il permet d’acquérir une micro-compétence centrale dans la relation du coach avec son client : celle de la suggestion.

Au démarrage de cette pratique d’écriture d’haïku au cœur du coaching, j’ai eu, tu l’imagines, quelques détracteurs. Certains objectaient que le coaching est le royaume de l’oralité et qu’introduire l’écrit n’avait pas de sens. As-tu rencontré des obstacles, des résistances du côté de tes clients ?

Olivier : non, pas vraiment. Peut-être aussi que les gens qui viennent vers moi savent qu’ils ne vont pas vivre les mêmes choses qu’avec d’autres coaches car j’ai une approche holistique : je les fais travailler avec le corps, je les fais dessiner, je leur fais écrire de la poésie. Depuis l’année dernière, je ne reçois même plus les gens dans mon bureau : c’est eux qui choisissent le lieu du coaching : certains choisissent des lieux improbables comme une église, un terrain de golf… ça leur donne un sentiment de liberté, ça les enthousiasme.

Les bénéfices du haïku coaching ? pour tous ?

Danielle : y-a-t-il des profils de clients avec lesquels, à ton sens, l’utilisation du haïku est plus approprié ?

Olivier : Oui, est particulièrement intéressant pour ceux qui sont dans le rationnel, dans le mental, dans le verbal.

Le haïku-coaching au service de l’interculturalité des regards

Danielle : Utilises-tu le haïku aussi en team building ?

Olivier : oui, bien sûr, ça fait prendre du recul aux équipes; ça leur apporte matière à réflexion et une matière différente ; ça positionne aussi le contexte à un endroit différent chez chacun, et à un endroit qu’ils n’attendent pas.

J’utilise aussi beaucoup le haïku lorsque j’emmène des clients en voyage au Japon ; j’organise des voyages de ressourcement qui leur permettent de se reconnecter à eux-mêmes. Je demande à chacun d’écrire un haïku du matin et un haïku du soir, les centrant, ainsi, sur une activité qui demande de la minutie et de la lenteur : ce qui est le propre de la pleine conscience. J’ai l’intuition que le haïku est une forme de la pleine conscience, une forme qui nous positionne dans un contexte hors temps.

Danielle : Ce qui m’amène souvent à dire que le haïku est un « outil de contemplation pour des personnes qui ne sont pas contemplatives ».

Olivier : exactement. Ecrire un haïku met le sujet dans une forme de lâcher prise par rapport à ses pensées ; cela arrête « le vélo mental de notre ego » que Serge Marquis, dans son livre , compare à un hamster qui tourne dans sa roue, comme notre ego qui court à travers toutes les situations qu’il va rencontrer.

Ecrire des haïku, c’est couper avec cette course folle…

Danielle : …et remettre de la verticalité…

Olivier : oui, cela provoque une sorte d’alignement ou de recentrage.

Danielle : merci, Olivier, pour ce partage lumineux….

Danielle Birken

 

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